Comment l'ouverture des données publiques contraint l'État à focaliser ses investissements pour remplir ses nouvelles missions

Denis Berthault

Résumé

Au cours de l’année 2015, Benoît Thieulin, alors président du Conseil national du numérique1, expliquait que le numérique a longtemps été considéré comme « une révolution médiatique », puis comme « une nouvelle économie » avant de comprendre en 2015 « que c’était un phénomène général de transformation de la société, qui n’épargnera aucun secteur ni aucun leader établi ». Gilles Babinet, le digital champion français auprès de la commission européenne, relevait de son côté que la révolution digitale est souvent résumée à sa dimension technologique alors que « c’est avant tout un nouveau modèle de management qui permet l’innovation, la créativité et la prise de risque avec moins de hiérarchie. » Cette révolution s’applique aussi à l’administration et aux données qu’elle produit.

La mutation numérique de l’État progresse et s’accélère basculant sur son passage de nombreuses certitudes, hiérarchies, organisation, gouvernance... Le numérique, qui impose de la transversalité, du collaboratif et du partage, s’oppose à l’histoire même de l’administration française héritée du modèle napoléonien. Et pourtant, l’appareil réglementaire du 21 septembre 20154 renforce et organisent les missions du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) et concentrent dans sa main de nombreux pouvoirs, dont certains essentiels pour les données publiques. 

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