Le pouvoir à l’ère digitale : la « société de l’exposition », réflexion autour de Exposed de Bernard E. Harcourt

Antonio Pele

Résumé

[extract] Cet  article se penche sur les nouvelles relations de pouvoir qui sont en train de prendre forme dans notre ère digitale. Il se base essentiellement sur un commentaire de l’ouvrage de Bernard E. Harcourt : Exposed. Desire and Disobedience in the Digital Age. Notre objectif général cherche à démontrer que les sciences juridiques et politiques ont besoin d’adopter des instruments « critiques » contemporains si elles ne veulent tout simplement pas être absorbées par des intérêts politiques et économiques dont elles feindraient de connaître l’existence et l’étendue. Les ouvrages précédents de B. Harcourt portaient essentiellement sur les régimes contemporains de pénalités et il y disséquait les illusions qui permettaient à ces derniers de fonctionner : l’idée d’un ordre économique spontané, les méthodes actuarielles ou encore, le principe de tolérance zéro. Exposed s’intéresse à un registre différent dans la mesure où son objet d’analyse est notre ère numérique. Il existe cependant une certaine continuité, non seulement, comme nous le verrons, parce que l’auteur détecte de nouvelles logiques nourrissant mutuellement les sphères pénales et digitales, mais aussi et surtout, parce que l’auteur continue à déployer une méthodologie et une théorie critique visant à mieux saisir de nouvelles formes de pouvoir. Il faut donc comprendre Exposed comme un questionnement et un redéploiement créatif des outils d’une théorie critique contemporaine souhaitant détecter et résister à la circulation d’un nouveau type de pouvoir, qui va au-delà (voir en deçà) de la question de l’open government.

Texte intégral :

PDF HTML

Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.