Le gouvernement électronique au Liban, un premier outil d’anticorruption

Maryline ZGHEIB

Résumé

La situation générale au Liban, économique, politique et sanitaire, est alarmante aujourd’hui.

Une crise économique, la dépréciation de la livre libanaise, la montée de la pauvreté, la corruption, la perte de confiance dans l’appareil politique, les manifestations de rue contre des conditions de vie difficiles, sont tous des événements qui caractérisent l’année 2020 au Liban. Cette année qui reflète plus de 30 ans de mauvaise gestion soutenue par un État corrompu et une Constitution inadaptée.

Le mardi 4 août 2020, une explosion a pris lieu à Beyrouth. 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium, un composé chimique qui peut être utilisé dans la fabrication de bombes, avaient été stockés dans un entrepôt du port de Beyrouth pendant plus de six ans, sans mesures de sécurité appropriées. Une explosion qui dénonce une fois de plus un État irresponsable, corrompu, ineffective et insincère.

Face à cette réalité, le Liban se retrouve au pied du mur et doit entreprendre des réformes sans cesse repoussées. Le pays a besoin, plus que jamais, d’une administration capable de prendre le relais et d’assumer ses fonctions dans cette économie en ruines avec une dette en constante augmentation. Il faut contrôler les dépenses, lutter contre la corruption pour finalement retrouver la confiance du peuple libanais. Selon Emmanuel Macron « si ces réformes ne sont pas faites, le Liban continuera de s’enfoncer »[1]. Le soutien de la communauté international est conditionné aujourd’hui par un réel engagement de l’État libanais, via la mise en place des réformes, dont celle administrative.

Lenteur, inefficacité et corruption caractérisent le service public libanais. Si la révolution numérique a débuté dans le secteur privé, le secteur public par contre ne bénéficie pas pleinement des avantages du progrès technologique. Partout dans le monde, le bon fonctionnement du service public dépend en grande partie de l’intégrité de l’administration et du pouvoir exécutif. Au Liban, la corruption affecte significativement les performances du service public et il n’existe pas de culture de reddition des comptes. Si la corruption obère la performance du service public, de façon générale les administrations libanaises ne répondent pas non plus aux besoins nouveaux des citoyens ; les services publics sont inadaptés à plus d’un titre à la société moderne et aux attentes du public. Le Liban doit rattraper un retard considérable et l’installation de la gouvernance électronique semble alors d’autant plus d’actualité pour y remédier.

Pour illustrer mieux nos propos, nous étudierons d’une part l’état des lieux de la corruption au Liban (§ 1) pour ensuite passer d’autre part au gouvernement électronique comme moyen efficace pour initier la lutte contre la corruption (§ 2).

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