"À propos de la vindicte à portée de clics"

Tahina Fabrice RAKOTOARISON

Résumé

Les libertés « d’expression, de communication et de presse » rappelle la Constitution de la République de Madagascar sont « garanties à tous ». Il s’agit, selon la Haute Cour Constitutionnelle d’« un acquis constitutionnel important, d’autant plus précieux que son exercice (celui de la liberté d’expression et de communication) est une condition de la démocratie et constitue l’une des garanties essentielles du respect des autres droits et libertés ainsi que de la souveraineté nationale […] elle apparait, à bien des égards, comme étant l’un des fondements les plus importants d’une société démocratique ».
Consciente de cet acquis, la société malgache entend en user et en jouir de la façon la plus large. Le formidable essor des médias privés en atteste alors que le développement d’internet et celui de l’utilisation des réseaux sociaux ont probablement amplifié le phénomène.
C’est que, ceux-ci ont démocratisé si l’on ose dire l’exercice de la liberté d’expression. Il est vrai que nombre d’utilisateurs de ces réseaux se sentent désormais investis de cette mission de « chien de garde de la démocratie ».
On observe ainsi que les utilisateurs malgaches des réseaux sociaux ne se privent pas de s’en servir pour dénoncer des comportements qu’ils jugent inadaptés dans une société démocratique. Parmi tant d’autres, on relèvera notamment l’utilisation abusive d’un bien public en l’espèce d’un véhicule de fonction, qui a été postée sur Facebook et a fait l’objet de multiples « like » et d’innombrables partages. L’ampleur du phénomène a forcé les gouvernants à réagir en limogeant le responsable à qui ce véhicule était attribué. Preuve s’il en est que la méthode porte ses fruits.

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